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REM
En 1983 naissait REM avec un premier album "Murmur" livrant une pop caractérisée par des accords simples et efficaces, et surtout une mélodie de chant originale immédiatement identifiable par le timbre de voix si particulier de Michael Stipe, très nasal, à la fois doux et chaleureux, mais aussi parfois envoûtant et déroutant. Considéré comme les parrains de l'alternative (musique underground absente des ondes), les membres d'REM produisent une série d'albums dans les années 80 d'une qualité mitigée due à la monotonie de leurs compositions un peu creuses.
1991 va être un tournant musical pour REM: signant avec Warner, le groupe sort "Out of time", un album qui se vendra à plus de 10 millions d'exemplaires grâce aux tubes "Losing my religion" et "Shiny happy people" chantée en duo avec Kate Pierson des B 52's. Malgré le manque de passion que dégage cet album, le "Rapid Eye Movement" inonde désormais les ondes de radio avec un succès populaire qui portera le groupe sur le trône de l'empire Pop Rock.
Durant les années 90, le groupe renouvelle leur son à chaque album en nous livrant du moins bon comme du meilleur.
Dans le moins bon, je me permets de citer 2 albums qui s'essoufflent au fil de l'écoute: "Monster" (1994) et "New adventures in hi-fi" (1996) qui manquent cruellement de conviction et risquent de faire sombrer leurs auditeurs dans un ennui irréversible.
Mis à part ces 2 essais peu convainquant, REM a pondu jusqu'à maintenant de très bons albums dont 2 véritables joyaux:
Tout d'abord "Automatic for the people" sorti en 1992 que l'on ne se lasse jamais de réécouter tant l'album est empreint d'une émotion grave et méticuleuse. Ce disque se paye le luxe de 12 morceaux formant une gamme de tube d'une richesse rare avec comme première titre le solennel "Drive",puis le lunatique "Man on the moon", la mélancolie de "Nightswimming", le parfum d'automne de "Find the river", et biensûr leur célèbre tube international et intemporel "Everybody hurts" qui permet d'emballer sec autour d'un feu de camp en colo. Aujourd'hui cet album est considéré comme un classique des disques de pop dans la collection Discothèque idéale.
Plus discret mais musicalement encore plus abouti, "Up" sorti en 1998 est à mes yeux (surtout à mes oreilles) l'album d'REM le plus original et de loin le plus inspiré. Ce petit bijou est un de mes disques préférés, sa musique semble être suspendue dans le temps, ses titres se dégustent sans fin, et chaque nouvelle écoute nous sublime une savante saveur de légèreté et de nostalgie que l'on doit à l'ambiance particulièrement aérienne et planante de cet album unique aux arrangements riches et somptueux (une subtile alchimie de sonorité synthétique et d'instruments classiques sur fond de clavier aux nappes ensorcelantes). Ce divin nectar est composé de 14 titres presque tous exceptionnels, dont "At my most beautiful, Desleeper, Hope, Walk unafraid, Lotus, Sad professor" et bien d'autres raffinements auditifs. Plus on l'écoute, plus on l'aime, plus il vieillit, plus il prend du corps et une maturité rare jamais atteint dans la carrière d'REM.
Up est si intense qu'il semble avoir déteint sur l'album suivant "Reveal" sorti en 2001. Le groupe maîtrise leur son et leur identité musical à la perfection et nous ressert une deuxième tournée de somptueux mets mélodiques qui, sans révolutionner les conventions de la pop, nous procure à nouveau un délice sonore pour les amoureux de la personnalité de Up.
Fan de la magie profonde de la sonorité d'REM depuis le miraculeux Up, mes oreilles ont flanché quand je suis tombé par hasard sur leur dernier single "Leaving in New York" qui passait à la radio. Curieux, j'écoute vite les 13 nouveaux titres d"Around the sun" avec une attention religieuse. L'album est agréable, frais, composé dans la ligné de leur identité musicale, le son est parfait, et encore une fois les arrangements donnent à leur musique la noblesse d'une pop intelligente et bien pensée. Bien qu'un peu plus facile que les 2 opus précédents, Around the sun possède de nombreux titres intéressants, ce qui donne à l'album une homogénéité plaisante, distinction d'une véritable identité d'un groupe qui nous livre à chacun de ses albums une couleur différente dans le royaume d'une saison idéal à la composition: l'automne, avec ce qu'il a de joyeux et de mélancolique.
Guillaume D Guillaume D Réagissez sur cet article dans le Forum Chroniques d'albums / Live Reports Liste des articles |  |