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Extrait du Républicain, Edition Nord-Essonne, du Jeudi 11 Septembre 2003
Le chanteur Mad Sheer Khan: un mélange de tradition et de modernité
"La musique est un partage"
Samedi dernier, Mad Sheer Khan, chanteur algéro-persan, était avec son groupe en show case à la Fnac d'Evry. Une demi-heure de concert aura suffi aux quelques personnes présentes dans le forum pour se laisser aller sur des airs de Jimmy Hendrix.
Les shows case organisés par la Fnac ne sont rien d'autre qu'un échange de bons procédés. Un artiste vient chanter et par la même occasion, vient présenter son dernier album. Et pour la Fnac, c'est un bon moyen de faire venir les clients. Mais ne vient pas qui veut. Qualité et originalité sont de rigueur. Et samedi 6 septembre, le groupe présent sur la petite scène a réussi à allier ces deux caractéristiques. Mad Sheer Khan, auteur-compositeur algéro-persan, a traversé le monde, sa guitare indienne sur le dos et ses mélodies envoûtantes dans la voix. Impossible de définir son style de musique. Il se nourrit d'influences du monde entier. De part ses origines, bien sûr - sa maman est algérienne et son père Persan -, mais aussi de part ses goûts, qui se sont développés au cours de son adolescence. A 13 ans, quand il entend pour la première fois la voix de Jimmy Hendrix, quelque chose se passe en lui. Mais il est loin de se douter que plus de trente ans plus tard, il reprendrait les morceaux de a star planétaire sur son propre répertoire. Et c'est ce répertoire, issu de l'album live Samarkand Hôtel, qu'est venu présenter samedi Mad Sheer Khan, aux côtés de sa femme Célia et de Sergio, tout deux musiciens. La musique électronique mêlée aux traditions de son enfance, c'est le mélange original qu'a voulu créer Mad. "La musique, c'est quelque chose de pleinement universel, confie Mad. C'est comme la vie, c'est un partage. J'ai envie d'exprimer toutes les musiques, comme l'a fait Jimmy Hendrix. Son idée à lui était d'interpréter à sa façon les titres d'autres artistes. Je fais la même chose, à ma manière. Je ne cherche pas à le copier". Sur scène, Mad offre à son public un produit de sa propre initiative : le Tag. C'est l'utilisation d'instruments de musique issus de traditions ancestrales tout en y associant les outils proposés par les découvertes technologiques. "Une tradition acoustique qui se sert de l'électronique", résume Mad.
UNE TOURNÉE AVEC JEAN-LOUIS AUBERT
Sur scène, le chanteur aux multiples facettes joue du dilruba, un instrument indien vieux de 400 ans. Samarkand Hôtel n'a pas été enregistré en studio, comme les quatre premiers albums de Mad. C'est sur scène qu'est né le projet fou de transposer l'oeuvre de Hendrix dans son propre répertoire. "Hendrix, c'est spontané, ça se joue devant un public. Je voulais quelque chose d'authentique, sans les petits trucages de l'enregistrement en studio. Hendrix était pleinement lui-même sur scène". Des concerts, Mad en a plus d'un à son actif. La Suisse, la Lituanie, la Finlande... Et deux ans de tournée avec Jean-Louis Aubert! Et bientôt un projet de tournée aux Etats-Unis, et même à Montpellier, où il retrouvera son public. La France reste pourtant un pays difficile à conquérir. "Les maisons de disques françaises ne prennent plus de risques. Elles misent tout sur les reprises et ont la main mise sur les "stars" d'aujourd'hui, qui ne sont pas des artistes".
Alexandra Maurin
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